Moken Alive Museum

Les Moken, nomades de l’archipel Mergui au sud de la Birmanie, ont développé une idéologie qui fait d’eux un peuple d’hommes libres : libres de mouvement (même si régulièrement contraints par la politique des pays qu’ils traversent), libres de la quête incessante d’accumulation propre aux sociétés capitalistes, libre des carcans hiérarchiques.

Le modèle de la société Moken se découvre au fil de l’oralité (des centaines d’heures de mythes, épopées, chants etc.) et donne à réfléchir sur nos propres sociétés, nos références, nos désirs, nos modes de développement et les alternatives existantes… Il offre des réponses aux questions que nous nous posons sur la rupture de l’équilibre entre l’homme et la nature, l’homme et ses semblables, l’homme et son rêve de poésie et de liens entre les choses. Le chant a une place particulière dans la société moken. C’est ce qui les distingue des autres êtres. Le chant est un moyen de prise en main de sa destinée et tout ce qui est signifiant est chanté. C’est le moyen parfait pour évacuer ses tensions, faire partager au groupe ses angoisses, se libérer et s’exprimer de manière métaphorique. La poésie des chants se nourrit d’approches sensitives multiples de l’environnement (le toucher du sable, l’odeur du corail…).

Depuis les années 2000, avec la libéralisation de la filière pêche, l’ouverture de la Birmanie au tourisme, les investissements étrangers et la volonté de modernisation du pays, les Moken sont confrontés au développement économique de la région qui compromet leur avenir et leur mode de vie actuel. C’est dans ce contexte que l’idée d’un musée s’est progressivement enracinée chez les Moken. Un musée, si tant est qu’il soit « vivant » (alive) et véritablement collaboratif, peut-être une structure efficace pour préserver la mémoire et le « patrimoine » d’une société, exprimer ses valeurs et les faire partager. L’engagement vers le musée est une décision qui repose à la fois sur une relation intime entre des chercheurs et la société, et surtout sur la volonté des Moken. L’objectif du musée est ici clair : il s’agit, d’une part pour les Moken avec l’équipe du projet muséal, de donner les clés pour comprendre une culture unique, montrer son inscription dans l’Histoire, valoriser ses connaissances de l’archipel et sa gestion durable des ressources ; et d’autre part, pour les autorités et développeurs de la région, de renforcer le potentiel culturel et touristique de la région où aucune structure culturelle pérenne n’a jamais été implantée. 

Pour en savoir plus : https://mokenalivemuseum.org/